DISCOURS DE CIRCONSTANCE DU CHEF DE L’ÉTAT D’HAÏTI SON EXCELLENCE M. JOVENEL MOÏSE LORS DU FORUM SUR LE DIALOGUE INTER HAÏTIE…

Monsieur le premier Ministre,

Monsieur le Président du Sénat de la République,

Monsieur le Président de la Cour de Cassation et du C S P J,

Monsieur l’Ex-Président BONIFACE ALEXANDRE,

Mesdames, Messieurs les Parlementaires,

Mesdames, Messieurs les Membres du Pouvoir Judiciaire,

Mesdames, Messieurs les Membres du Gouvernement de la République,

Mesdames, Messieurs les Membres du Corps Diplomatique,

Mesdames, Messieurs les Représentants des Organisations Internationales,

Mesdames, Messieurs les Grands Commis de l’État,

Monsieur le Commandant en Chef « A I » des Forces Armées d’Haïti,

Monsieur le Directeur Général de la Police Nationale d’Haïti,

Mesdames, Messieurs les Représentants du Secteur Privé des Affaires,

Mesdames, Messieurs les Représentants de la Société Civile,

Mesdames, Messieurs les Représentants de l’Opposition « je veux parler de l’Opposition Politique, »

Mesdames, Messieurs les Représentants de la Presse,

Mesdames, Messieurs,

Après avoir entendu les orateurs de ce matin, je me suis dit que j’allais mettre de côté mon texte, pour vous dire qu’aujourd’hui Haïti a besoin de vous, Haïti a besoin de ses filles et de ses fils.

Haïti a besoin des Haïtiens. Je sais que le dialogue que j’ai lancé le 21 Novembre 2018 était clair. J’ai donné mandat au Premier Ministre de consulter tout le monde. Il l’a fait. Mais je constate que beaucoup de gens ne sont pas dans la salle. C’est aussi cela, la démocratie!

Je vois que beaucoup de secteurs sont représentés. Pourtant, il y a des gens, je dirais des gens importants, qui ne sont pas là.

Aujourd’hui, c’est un exercice démocratique que nous faisons. Je pense que nous sommes à l’an « un » de cet exercice démocratique.

Ma décision d’initier ce dialogue, en donnant mandat au Premier Ministre, était une décision de sagesse. C’était justement pour vous dire, pour dire à la Nation qu’en tant que Chef de l’État, Président de la République, je sais pertinemment que je n’ai pas la science infuse.

Dès ma campagne électorale, j’étais clair en m’engageant à réaliser les États Généraux Sectoriels de la Nation. J’ai tenté. J’ai osé, et je dois avoir le courage de vous le dire ce matin. Si les États Généraux Sectoriels de la Nation n’arrivent pas encore à terme, c’est parce que le peuple veut approfondir le dialogue. C’est pour cela que j’ai pris la décision de donner ce mandat au Premier Ministre le 21 Novembre dernier.

Aujourd’hui encore, comme l’ont si bien dit certains orateurs, le dialogue ne devrait être, en aucune façon, une chose qui arrive parfois… Le dialogue doit-être un processus. Le dialogue doit être permanent. Le dialogue que nous demandons est un dialogue franc, sincère et direct. Mené dans le cadre de la constitution, il ne doit pas y avoir de sujet tabou. Nous sommes arrivés à un carrefour déterminant pour notre avenir. Comme l’a si bien dit l’évêque des Gonaïves l’année dernière, nous sommes au bord d’un trou abyssal. Oui, un trou profond!

Nous devons être à même de nous regarder dans les yeux aujourd’hui, pour nous parler et nous dire la Vérité, et rien que la Vérité. Ce n’est pas possible pour qu’un pays qui, 40 ans de cela, produisait tout ce dont il avait besoin pour sa consommation soit aujourd’hui incapable de se nourrir.

Si nous sommes là où nous sommes, c’est que chacun de nous en a une part de responsabilité.

Je sais qu’en deux mois le Premier Ministre n’a pas eu le temps de réaliser ce que je voulais moi-même. Il a rencontré beaucoup de monde, mais il n’a pas pu en deux mois convaincre tout le monde.

C’est bien entendu un processus de pré-dialogue. Et c’est pour cela que je vais demander au Premier Ministre d’y accélérer parce que nous avons une date butoir qui est le 7 Février. Je veux lancer le dialogue le 7 Février 2018.

​Monsieur le Premier Ministre, je vous demande de continuer sur cette lancée. Il faut continuer à vous assoir avec celles et ceux qui ne sont pas là aujourd’hui parce que nous avons besoin de tout le monde. Le pays a trop souffert de cette situation de méfiance. Nous sommes arrivés à un carrefour où les haïtiens doivent se mettre ensemble, sont obligés de se mettre ensemble, pour sortir ce pays, je ne veux parler ni de l’enfer ni du sous développement mais de l’aliénation tout court.

Nous sommes en train de parler d’un monde postmoderne aujourd’hui.

Comment vous pouvez imaginer quelqu’un qui vit dans la cinquième section communale, je dirais de Petite-Rivière de l’Artibonite, utilise un téléphone, et à partir de cet appareil il peut tout faire, mais n’a pas la possibilité d’avoir une ampoule électrique… Et pourtant, nous avons 300 jours de soleil chaque année.

Il est tout simplement inconcevable.

Nous ne sommes pas là à la tête de ce pays pour interpréter ou commenter les problèmes. Nous sommes là pour les résoudre.

Et c’est pour cela que nous avons initié ce processus de dialogue, parce que ce changement doit venir de vous, de moi, de nous tous. Nous en avons la responsabilité face aux générations futures. Nous sommes ici dans cette salle en train de juger les générations passées. Mais mettez-vous en tête que 30 ou 40 ans après, ce seront les générations futures qui vont nous juger.

Nous ne pouvons pas laisser ce pays dans l’état où il est actuellement. Un mandat de Président c’est cinq ans… il y a une équipe qui va laisser ce pouvoir après trois ans. Mais il nous faut une entente. Je ne sais pas quel nom que vous allez donner à cette entente nationale. Quel qu’en soit l’appellation nous devons nous mettre ensemble pour préparer les 25 ans, les 30 ans, les 50 ans, je dirais, de ce pays. Ce n’est pas une histoire de dire que ce groupe-là est bon et l’autre n’est pas bon. Aujourd’hui nous sommes tous obligés de nous mettre ensemble pour un nouveau départ.

Je vais vous laisser, men anvan m ale, li t ap difisil pou m pa remèsye chak moun ki nan sal lan la a, pou m pa remèsye moun ki te pale yo, moun ke m konn pafwa tande nan radyo k ap di de bagay ki di e difisil. Jodi a m tande yo live!

Jwèt demokratik la se sa l mande, se tolerans, se kapasite pou w genyen pou w tande moun ki pa dakò ave w, « moun ki pa renmen w »

E se sa a nou vle pote bay pèp ayisyen an jodi a. Pou di yo ke peyi a bouke,

Nan tèt peyi sa a aprè 2 zan, gen anpil moun ki di Prezidan an te dwe pran anpil gwo desizyon, moun pa gen dwa di tout bagay nan peyi a. Men, se yon egzèsis demokratik 2 zan aprè ke nou ap fè paske nou konnen ke peyi a bouke. Nou pap pran nan pwovokasyon epi pou gen dè bevu ki fèt pou lè sa a se nou menm ki pote chay.

Nou konnen se pa tout sa ki di nan radyo k ivre. E Gen de lot moun ki konn sa tou.

Men, Jodi a m ap di l sa k te pase apre 1986, lè nou deside fè yon konstitisyon kote ladann nou met yon atik e nou wè ki bò sa te mennen nou pandan 10 zan. Nou konnen 10 zan de tibilans politik paske nou te deside retire yon kategori moun, yon kategori ayisyen.

Jodi a se sa a m vin di nan sal sa a, tout moun, tout tandans dwe ladann.

E se sa a m ap mande Premye Minis la pou l konnen ke jodi a si gen yon satisfaksyon pèsonèl ke m pa genyen, se paske gen de moun ki pa la a. Konnen tou PM fòk ou al chèche yo, fò w al chèche yo paske fòk yo vin chita avèk nou.

Paske kote nou deside ale a, nou pa pral poukont nou,

Kote n deside ale a nou pap kite pèsonn deyò,

Kote nou deside ale a, se kote nou ka rele mete dlo sou tè pou moun fè jaden, mete dlo nan wobinèt moun,

Kote n deside ale a se kote n ka mete limyè kay tout moun,

Kote n deside ale a se kote nou ka entèkonekte tout komin nan opeyi a.

Kote n deside ale a se kote envestisman djaspora a ki jodi a mande dwa l paske l pa deside se devwa sèlman pou l genyen, nou ka pèmèt li gen dwa l pou l ka vin envesti lakay li.

Men pou n al kote sa yo, nou pa ka ale poukont nou PM. Pa gen sakrifis ke m konnen ke w konnen ki twò gran pou peyi sa a,

Manda a li lan men w, mete w an 4 pou w mete tout moun chita ansanm.

Mèsi anpil.