Allocution du Chef de l’Etat S.E.M. Jovenel Moïse à l’occasion de la cérémonie commémorative du 215ème anniversaire de la proclamation de notre indépendance.

Madame la Première Dame,

Monsieur le Premier Ministre,

Monsieur le Président du Sénat de la République,

Monsieur le Président de la Chambre des Députés,

Monsieur le Président de la Cour de Cassation et

Président du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire,

Mesdames, Messieurs les Parlementaires,

Mesdames, Messieurs les Juges de la Cour de Cassation,

Mesdames, Messieurs les Membres du Gouvernement de la République,

Monsieur le Maire et les Membres de la Commission Communales des Gonaïves,

Mesdames, Messieurs les Membre du Corps Diplomatique,

Monsieur le Doyen du Corps Consulaire,

Mesdames, Messieurs les Représentants des Institutions Indépendantes,

Messieurs les Représentants des Banques d’État,

Monsieur le Commandant en Chef AI et les Membres du Haut État Major des Forces Armées d’Haïti,

Monsieur le Directeur Général et les Membres du haut Commandement de la Police Nationale d’Haïti,

Mesdames, Messieurs les Représentants des Secteurs Religieux et des Cultes,

Messieurs les Coordonnateurs des 12 Blocs de Production de la Vallée de l’Artibonite,

Gonaïviennes,

Gonaïviens,

Chères Concitoyennes,

Chers Concitoyens,

Mesdames, Messieurs les Membres de la Presse Parlée, Écrite et Télévisée,

Mes chers compatriotes,

En ce jour de 1er Janvier 2019, soit, 215 ans après notre indépendance nationale, je pense avec émotion et profondeur historique, aux pères fondateurs de la nation (Jean Jacques Dessalines, Alexandre Pétion, François Capois, Boisrond Tonnerre et J’en passe). Des plus fameux aux plus humbles ; des valeureux soldats connus et reconnus par l’histoire aux simples éclaireurs dont on se souvient à peine. Chaque vaillant combattant qui affrontait la mort pour la liberté, m’invite à porter un regard méditatif sur les risques encourus par nos ancêtres pour nous léguer ce pays. La Première République Noire au monde.

Je pense au décor de ce lieu historique, à la foule de nouveaux libres, venue, pour la circonstance, acclamer chaque phrase prononcée par Jean Jacques Dessalines, Premier Chef d’Etat Haïtien.

Ce fut au prix de longs combats, de profonds sacrifices et d’interminables alliances entre les noirs et les mulâtres ; entre les esclaves des champs et les affranchis de St. Domingue qu’est issue notre libération de peuple, depuis lors, à tout jamais responsable de son destin.

La cause qui nous réunit, aux Gonaïves, en ce premier janvier 2019, est noble et juste. Elle nous rappelle d’où nous venons, qui nous sommes et nos responsabilités envers nous mêmes, envers l’histoire, envers la Patrie et envers la postérité.

Souvenons-nous : esclaves, nous avons été dans un monde raciste et impitoyable. Par la volonté d’être libre, le dépassement de soi, des hommes que tout paraissait diviser à la base, ont trouvé la capacité nécessaire pour s’aventurer sur la voie de l’unité, qui fut la seule option efficace contre l’ennemi esclavagiste, qui a cru à tort que certains hommes sont inférieurs à cause de la couleur de leur peau.

Ces rappels historiques ne s’inscrivent pas dans une rhétorique faisant interminablement l’éloge du passé, ils sont d’agréables souvenirs, qui nous interpellent face au constat d’échec collectif dont nous sommes tous, responsables.

Un pays avec un si grand passé, avec une si belle histoire, avec une telle volonté de vaincre ne peut se permettre aujourd’hui d’être la référence en termes d’instabilité politique, de pauvreté, de misère et de crises successives.

Aujourd’hui j’ai envie de vous demander, que dis-je, de nous demander : qu’avons-nous fait depuis 1804 ?

Depuis la proclamation de l’indépendance, Haïti, notre pays, n’a pas seulement brisé les chaînes de la servitude, elle a ouvert la voie à de nombreux peuples opprimés, assoiffés de liberté, de justice et de volonté de s’autodéterminer. Nous avons marqué l’histoire, nous devons continuer à garder notre place dans ce monde qui a tant besoin de nous.

En ce 1er janvier 2019, je suis venu vous dire que nous devons redonner son vrai sens au projet national initié par nos ancêtres. Construire une autre Haïti à la hauteur de notre histoire, nous le pouvons, nous le devons.

Entre 1791 et le 1er janvier 1804, les défis que nos aïeux ont confrontés avaient été bien plus complexes. Pourtant ils ont trouvé l’intelligence de mettre de côté leurs différends pour transformer le contexte de servitude et de violences atroces en une République qui allait devenir une forteresse contre les atteintes à la liberté, pour la fraternité et l’égalité des êtres humains.

La célébration des prouesses de nos aïeux, deux cent quinze (215) ans plus tard, n’a de sens que si elle est prise dans son exemplarité. Rendant hommage à la bravoure de ceux qui ont légué à l’humanité ce riche héritage qui fait, justement, notre fierté, nous nous devons de comprendre combien sont grandes nos responsabilités.

Des responsabilités que nous assumons lorsque nous comprenons que l’entente nationale est une nécessité aujourd’hui et l’une des seules voies qui peut conduire au développement de ce pays.

Lorsque nous acceptons que le dialogue franc et sincère n’est pas une option parmi d’autres, mais un impératif, à la fois conjoncturel et historique ; un devoir auquel nous ne pouvons nous soustraire.

Des responsabilités que nous assumons lorsque nous décidons de nous entendre sur ce que j’appelle les prérequis du développement que sont les infrastructures routières, énergétiques et hydrauliques.

Le retour à un environnement de confiance entre les institutions et le peuple ; entre les forces politiques, sociales et économiques, s’avère être une nécessité dont on ne peut se passer.

N’ayons plus peur de dialoguer et de rechercher, aussi grandes que soient nos différences, le chemin de l’entente. N’ayons plus peur d’affronter nos maux et nos peurs.

Osons agir ! Agissons !

Brisons cette chaine de méfiance qui voue, depuis des lustres, à l’échec les plus grandes et les meilleures initiatives nationales. Retrouvons la détermination de nos ancêtres face aux fléaux de la division, de l’exclusion et de la menace d’un ordre ancien révolu.

Mes chers compatriotes,

En ce jour de Célébration de notre épopée historique, animé d’un sentiment d’humilité, inspiré par les grands sacrifices de certains de mes illustres prédécesseurs, imbu de la menace qui pèse sur la souveraineté nationale après 215 ans, intermittent, de luttes intestines stériles et de relative stabilité ; je renouvelle l’attachement d’Haïti à la Liberté, à l’Égalité et à la Fraternité. Aussi, je redis ma volonté inébranlable de renouer avec les valeurs fondatrices de cette Nation qui caractérisent notre histoire dans toute sa Grandeur.

2019 est une année décisive pour la Nation. C’est l’année du dialogue constructif inter-Haïtien qui doit aboutir à une entente nationale que nous appelons de tous nos vœux.

2019, c’est l’année électorale au cours de laquelle nous allons réaliser des élections libres, honnêtes, démocratiques et transparentes pour renouveler notre attachement aux principes démocratiques et à la stabilité des institutions républicaines.

2019, c’est aussi l’année ou le parlement devra statuer sur le principe de l’amendement de la constitution. C’est aussi une année de lutte acharnée contre la misère et la précarité. C’est pourquoi, je demanderais au Parlement de voter le budget 2018- 2019, véritable outil pouvant faciliter l’apaisement social et la relance agricole.

2019, c’est l’année de l’entente sacrée, de la concorde patriotique qui nous permettra de récupérer les morceaux de fil et de tissu que Catherine Flon nous a légués, pour recoudre chaque composante de la Nation, la rendre plus inclusive, plus juste, plus prospère et plus solidaire.

C’est l’année au cours de laquelle, toutes et tous, filles et fils d’Haïti, héritières et héritiers de nos ancêtres, sans distinction aucune, ensemble nous devons nous engager à redresser la barque nationale afin de concrétiser la prophétie de Toussaint Louverture.

Souvenez-vous : les racines de la liberté sont « profondes, nombreuses et vivaces ». Fructifions nos efforts ! Galvanisons nos énergies dans l’intérêt de chaque haïtien, chaque haïtienne et dans l’intérêt d’Haïti. Et cela dans chaque habitation, chaque section communale, chaque quartier, chaque commune de la république.

Aujourd’hui cette liberté doit être économique et culturelle, afin que chaque haïtienne, chaque haïtien puisse vivre dignement, ici en Haïti si telle est sa volonté.

Haïtiennes et Haïtiens,

J’en appelle à la responsabilité de toutes et de tous. Haïti est à chacun de nous. Montrons-nous à la hauteur de ce digne héritage. Nous aspirons à un pays plus juste, plus équitable, plus fraternel, plus productif et définitivement orienté vers le progrès et le mieux-être.

Frèm ak Sèm yo,

Pou lane 2019 ki kòmanse jodi’a, an nou mete men nou ansanm, an nou sonje tout sakrifis zansèt nou yo te fè pou nou ka lib. Sa dwe enspire nan nou yon lespri solidarite. Sa dwe fè nou konprann nou se yon sèl fanmi. Sa dwe di nou pou nou mete men pou bati yon Ayiti ki fè fyète zansèt nou yo, fyète pitit nou ak pitit pitit nou.

Batay n’ap fè depi 1804 youn kont lòt mennen nan asasina Desalin ak nan tout lòt briganday ki fè anperè ale, anperè tounen, Prezidan ale, Prezidan tounen, san nou pa janm bay peyi’a yon chans. Se pou batay yonn kont lot la fini. Se pou nou aprann mete tèt ansanm pou Ayiti ka pran chimen devlopman.

Anpil je k’ap gade nou sezi wè Ayiti nan kalvè n’ap viv jodi’a. Alòske nou gen yon popilasyon ki jèn anpil, ki renmen travay, ki gen anpil imajinasyon, ki briye tout kote yo ale sou la tè. Ayiti gen tout sa li bezwen pou devlope tèt li. Epoutan, nou yonn ap goumen ak lòt pandan peyi a ap plonje nan prekarite ak yon mizè ki entolerab.

An nou mete rayisab sou kote, an nou mete rankin sou kote, an nou sere kole :

  • Pou etranje ak Ayisyen isit la e sa k’ap viv lòtbò dlo vin envesti kòb yo an Ayiti ;
  • Pou nou ka pwodwi plis manje, kreye job;
  • Pou nou ka kreye plis richès ;
  • Pou plis travayè, plis moun k ap fè jefò ka jwenn yon lavi miyò ;
  • Pou plis timoun ka al lekòl ;
  • Pou tout moun ka gen aksè ak bon jan kredi nan bon jan kondisyon.

Mwen di bon aksè a kredi nan bon jan kondisyon, mwen vle pale de bon jan kredi, mwen pap pale de kout ponya.

Men fòk nou dakò ke bagay sa yo pap ka reyalize san elektrisite, san wout, san lopital, san dlo pwòp pou tout moun bwè, san dlo pou tout moun wouze tè ak pou fè endistri mache.

PèpAyisyen,

Nou tout dakò ke menm kòz yo ap toujou pwodwi menm efè yo. Se pou tèt sa, fòk nou pran kouraj nou ak de men pou nou manyen kesyon difisil yo jodia tankou chomaj, ensekirite, enpinite, lavi chè ak koripsyon.

Pou nou fè lapè ak tèt nou, fok bon jan verite blayi sou jan resous peyi a ap itilize.

Nap travay pou nou atake pwoblèm enfrakstrikti ki anpeche peyi Dayiti pwodwi plis, ki fè preske tout sa nou bezwen se achte n al achte l lòtbò dlo oubyen lòtbò fwontyè.

Si nou pa mete tèt nou ansanm, mete tout sa ki divize nou sou kote, pou nou fè yon konbit kote Leta, agrikiltè ak endistriyèl pote kole pou yo ka pwodwi richès nan peyi a, jenerasyon k ap vini yo pral gen pou jije nou.

Fòk nou chita sou tout sa ki oblije n kolabore tankou batay kont mizè ak lavi chè, yon fason pou pitit ak pitit pitit nou ka vin jwenn yon peyi ki miyò.

Fòk moun k ap travay nan Leta konnen yo la pou sèvi. Yo pa la pou gaspiye ni angaje kòb Leta nan move kondisyon. Fòk enterè pèp la pase avan enterè pèsonèl. Yon moun ki deside pran jòb Leta, se yon moun ki chwazi pou sèvi tout moun san paspouki.

Se pou tèt sa nap ranfòse enstitisyon piblik yo ak gwo refòm OMRH ap fè yo.

Frèm ak Sèm yo,

Nan okazyon 215è lane endepandans Ayiti Cheri nou-an, mwen menm kòm Premye Mandatè Nasyon an, yon lòt fwa ankò, koube’m byen ba devan Zansèt yo, devan Pèp la, devan Jèn yo, Fanm yo, devan tout moun, tout kote nan peyi’a ki bouke ak zak kraze brize.

Mwen pran angajman pou m kontinye travay pou lapè blayi pou nou jwenn antant k ap ede nou mete peyi Dayiti sou wout chanjman ke nou reve a.

Ayiti se peyi nou tout, peyi ayisyen kap viv an Ayiti, peyi ayisyen kap viv lòtbò dlo, peyi ayisyen kap viv lòtbò fontyè. Se pou tèt sa nou te pran angajman mande premye minis peyi a depi nan mwa novanm pase pou angaje bon jan dyalòg ak tout fòs viv peyi a. Dyalòg ki dwe chita sou konfyans, dyalòg ki dwe chita sou senserite, dyalòg ki dwe chita sou pwogrè ke tout moun ap mande nan peyi a jodia. Li ta di pou m ale san m pa voye yon gwo kout chapo bay moun plen gonaiv, moun ki jodia komanse ap sèvi ak Solèy pou ponpe dlo. Mwen di yo: “sa yo wè a se twòket la, chay la dèyè pou yo”. Ayiti, se yon peyi ki gen 300 jou Solèy chak ane epi plis pase 7 milyon moun nan fenwa nan peyi a. Se paske nou pa itilize solèy la poun fè travay ke lot peyi yo fè avèl.

300 jou Soley! Epi depi lane 1994 gen 39 ponp nan plen Gonayiv, gen 32 nan yo ki pap mache e sa pa janm di pyès moun anyen. 300 jou Soley! Epi gen moun nan plen delab kap mouri grangou epi sa pa di nou anyen. Jodia se pou tèt sa nou pran desizyon poun di jèn gason ak jèn fanm, pitit agrikiltè : “se pou nou travay poun komanse wè koman nou k remanbre zon agrikol ki nan peyi a”. Kote nou ka itilize resous ke Bondye ban nou. Nou vle pale de: Tè, Dlo ak Solèy, poun mete yo ansanm ak Moun poun ka jwenn lavi miyò.

Viv yon Ayiti lib, san esklizyon, san fòs kote, pou tout Ayisyen, Ayisyèn ka oze reve yon jou lavi miyò!

Bòn fèt Endepandans !